Des tranchées au canapé : l'histoire méconnue du Malinois !
Woof à tous, c'est Sanji !
Quand ma maîtresse m'a dit qu'on allait parler du Malinois, j'ai immédiatement pensé aux chiens policiers.
Tu sais, ceux qui ont l'air capables de retrouver une croquette perdue au milieu d'une forêt entière.
Je pensais connaître leur histoire.
En réalité, je n'avais encore rien vu.
Car bien avant de travailler avec la police, les douanes ou les équipes de secours, les Malinois ont participé à l'une des périodes les plus difficiles de notre histoire : la Première Guerre mondiale.
Et crois-moi, ils ne se sont pas contentés d'observer les événements de loin.
Des poilus pas comme les autres

À la fin du XIXe siècle, les guerres deviennent de plus en plus meurtrières.
Les champs de bataille s'étendent sur des kilomètres. Les blessés sont parfois isolés dans l'obscurité, incapables d'appeler à l'aide. Certains se retrouvent même ensevelis ou cachés pour éviter d'être repérés par l'ennemi.
Imagine un instant.
Il fait nuit. Le bruit des combats résonne encore.
Et quelque part, un soldat blessé attend qu'on le retrouve.
C'est là que les chiens entrent en scène.
Grâce à leur odorat exceptionnel, ils sont capables de repérer des hommes là où les humains peinent à les trouver. L'armée allemande figure parmi les premières à développer à grande échelle l'utilisation des chiens sanitaires avant la Première Guerre mondiale.
Leur mission est simple :
retrouver les blessés avant qu'il ne soit trop tard.
Lorsqu'un chien découvre un soldat au sol, il récupère un objet lui appartenant ( un gant, un mouchoir ou un morceau de vêtement ) puis retourne prévenir son maître avant de le guider jusqu'au blessé.
Franchement ?
Moi, quand je suis avec ma balle sous le canapé, j'attends simplement que ma maîtresse intervienne.
Et puis le Malinois est arrivé
Pendant que d'autres chiens apprennent les missions sanitaires, une race commence déjà à se faire remarquer en Belgique. Le Malinois.
D'ailleurs, dès la fin du XIXe siècle, les chiens de berger belges, dont le Malinois, commencent à être utilisés par les forces de police.
Il faut dire qu'il possède tout ce qu'on recherche chez un chien de travail : de l'intelligence, de l'endurance et surtout une motivation qui semble parfois ne jamais s'arrêter.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, plusieurs races de chiens sont mobilisées par les armées européennes.
Parmi celles employées par l'armée belge, le Malinois se distingue rapidement par sa polyvalence.
Il devient alors un véritable couteau suisse à quatre pattes.
Selon les besoins, il transporte des messages, accompagne les équipes sanitaires de la Croix-Rouge, ravitaille certaines positions ou assure des missions de protection et de transport.
À une époque où les radios sont rares et où les lignes téléphoniques sont régulièrement détruites, transmettre une information rapidement peut sauver des vies.
Les Malinois se montrent particulièrement efficaces dans ce type de mission.
- Pas de GPS.
- Pas de téléphone.
- Pas de groupe de discussion intitulé « Urgence tranchée ».
Juste eux, leur mission et leur incroyable détermination.
Quand les chiens deviennent des soldats

Au début du conflit, beaucoup de chiens sont utilisés pour retrouver les blessés.
Mais la guerre évolue rapidement.
À partir de l'automne 1914, le conflit s'enlise progressivement dans la guerre de tranchées et les besoins changent.
En août 1915, le ministère de la Guerre demande que les chiens sanitaires deviennent de véritables chiens de guerre.
Les missions de secours passent progressivement au second plan.
Les chiens surveillent désormais les positions, transportent du matériel, acheminent des messages et alertent les soldats lorsqu'un danger approche.
Ils vivent dans les mêmes conditions que les hommes, affrontant le froid, la pluie, la boue et les bombardements du quotidien.
Ils subissent également les attaques chimiques.
Certains portent même des masques à gaz spécialement conçus pour eux. Oui. Des masques à gaz.
Je refuse déjà de porter certains manteaux quand il pleut, alors je dois reconnaître que ces chiens étaient faits d'un bois particulièrement solide.
Une énergie qui traverse les générations
Plus j'avançais dans mes recherches, plus une chose devenait évidente.
Les Malinois d'aujourd'hui n'ont finalement pas tellement changé.
Ils possèdent toujours cette même énergie débordante et cette envie permanente d'agir.
D'ailleurs, cette motivation est parfois telle qu'ils peuvent se blesser en jouant simplement parce qu'ils refusent de ralentir. Pour eux, la notion de pause semble souvent facultative.
Cette énergie explique pourquoi on retrouve encore aujourd'hui le Malinois dans des domaines très variés : l'obéissance, le pistage, la détection d'odeurs, la recherche et le sauvetage.
Mais derrière toutes ces missions se cache toujours la même chose : un chien qui aime travailler avec les humains.
Du champ de bataille au canapé
Malgré ce passé impressionnant, le Malinois n'est pas seulement un chien de travail.
Aujourd'hui, il est aussi un compagnon de famille.
Bien sûr, son énergie demande souvent un investissement important de la part de ses humains. Ce n'est probablement pas le chien qui passera sa journée entière à faire la sieste entre deux coussins.
Mais derrière le chien de service se cache également un compagnon fidèle, proche de sa famille et toujours prêt à participer aux activités du quotidien.
Je trouve ça assez beau.
Parce qu'au fond, que ce soit dans une tranchée il y a cent ans ou dans une maison aujourd'hui, ce qui semble définir le Malinois n'a pas vraiment changé : sa volonté d'être présent lorsqu'on a besoin de lui.
Le mot de la fin
Quand nous avons commencé les recherches pour cette chronique, je pensais découvrir l'histoire d'un chien militaire. J'ai finalement découvert bien plus que ça.
J'ai découvert des chiens qui retrouvaient des blessés dans l'obscurité, transportaient des messages au milieu des combats et accompagnaient les humains dans certains des moments les plus difficiles de leur histoire.
Alors la prochaine fois que tu croiseras un Malinois, tu verras peut-être simplement un chien plein d'énergie.
Mais derrière lui se cache l'héritage de générations de chiens qui ont accompli des choses extraordinaires et cela malgré les conditions et les traumatismes que cela a pu créer.
Ce n'est pas rien.
Après, si tu en connais un personnellement, il y a aussi de fortes chances qu'il soit en train de courir partout avec un bâton beaucoup trop grand pour lui.
Et ça, c'est très bien aussi.
À très vite pour un nouvel,
Woof et Bizous
Sanji 🐾
N'hésitez pas à nous suivre notre newsletter
"Les Chroniques Canines" pour en savoir plus sur les prochains articles : https://bit.ly/Chroniquescanines
